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La Julie | Bloguez.com
Ca va vite, il y fait chaud et y'a de la musique.
13/10/2008
Mais c'est pas pour moi ce genre de brise cœurs.On y entre par la sortie, ambiance futuriste, on ne marche pas, on roule.Y'a des odeurs de chiens, d'essences même parfois.On fume jusqu'aux caisses, on dépense, on pousse la deuxième porte et là on fait travailler nos jambes.Il faut courir, toujours, encore, plus vite, mieux et sans être ridicule.Au final on court pour rien, on se retrouve là , à attendre notre tour.Les yeux se rivent tous sur le nouvel arrivant, est-il jeune ?Est-il maigre ?Est-il beau ?On se décide et on le regarde, oui, il est beau.Plus loin de l'autre côté on verra des gens qui ne nous sont pas inconnus, mais pas connus non plus.Alors, on décidera de s'éloigner, on ne veut pas leur parler, on ne les connait pas vraiment et pourtant, on ne les aime déjà pas.Tête basse c'est notre tour, on entre dans le tube filant. C'est glauque.Sur une chansonnette de "toujours le même type" on jette un oeil dans les vitres taguées.Ouf, ils ne sont pas là , les inconnus-connus, mais qui sont tous ces gens ?L'environnement est moche, de vieilles couleurs façon hippie qui aurait mal vieilli, des lumières tellement claires qu'elles révèlent tous les défauts de peau, elles en créent même d'ailleurs, toujours la même musique, chantée par "toujours le même type" "petiiiiiiite Maaaarie je rêve de touuuuuua", la guitare à la main il se rêvera l'espace d'un trajet, chanteur de variétés françaises jouant sur les planches olympiennes.On est bien encerclé, devant il y a un jeune homme, une casquette sur le crane, qui frappe du pied au rythme du son qui coule dans ses oreilles, derrière il y a mamie, qui ne bouge pas, qui fixe, qui est accrochée à la barre d'une telle force qu'si son bras se coupait au poignet sa main resterait sûrement cramponnée.A droite y'a la bomba latina, qui ne va pas en boite, mais qui en a tout l'air, la poitrine relevée autant que son corps qui lui l'est grâce aux 15 cm de bois travaillé par prada shoes qu'elle porte. A gauche il y a nous, en reflet.Après s'être attardé quelques secondes sur notre visage on cherche nos compagnons éphémères dans les glaces vibrantes, c'est là qu'on l'aperçoit.Le nouveau arrivant est là , il nous regarde lui aussi, alors on change de côté l'air gêné et la pensée volubile.Pourquoi nous ?Pourquoi nous regarde-t'il nous "brodel" ? Chez nous les stations ne sont pas annoncées, mais voilà que la prochaine est là .Il se lève et nous le regardons.Il est jeune, des lunettes de vue sur la truffe, un sourire colgate, les cheveux pas coiffés un peu longs, une chemise blanche sur les épaules.Dans un au-revoir des yeux il descend de la rame et reste dans nos têtes.Alors, on se retourne, en regrettant de ne pas lui avoir dit au-revoir avec les lèvres, en se disant qu'on le recroisera sûrement de toute façon et que là , se sera différent, là on lui parlera. C'est dans un instant de rêve qu'on entend un "Juliiiiiiiie !"La folle du village vient nous demander comment on va, bien évidemment on va bien, comme d'habitude.On ne lui retourne pas la question parce qu'on sait qu'elle aussi elle va bien, comme d'habitude.Alors, elle nous demandera "Quoi de nouveau ?"Notre station arrivera et nous sortirons en lui lançant un: "Dés maintenant on ne se croisera sûrement plus, j'ai décidé de ne plus prendre le métro."
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Catégorie : Julie et les inconnus!
Mon banquier et moi(épisode1)
20/6/2008
C'est toute une histoire qui commence...Aujourd'hui et ce pour la première fois, je me rendais chez ma nouvelle banque.Un petit espace climatisé au quadruple vitrage, aux caméras de surveillance tous les deux mètres, aux gens gracieux bien élevés et propres sur eux.A ma grande surprise on m'avait déjà attribué un "conseillé", n'aillant pas ouvert le compte moi-même, je me disais qu'après tout, c'était peut-être tout à fait normal. "Votre nom s'il vous plait ""Lajulie""Attendez une seconde je vais voir si Monsieur Conseiller peut vous recevoir" Une question soudaine frappa très fortement la chose qui me sert de cervelle.Pourquoi n'avons nous pas le droit de choisir nous-même notre "banquier" ?Ca m'aurait certainement amusé de faire un "se-se-ra-toi-que-je-choi-si....ra !" devant une brochette de jeunes gens bien sapés tous plus cultivés les uns que les autres.Une fois mon choix fait ils se disputeraient tous entre eux "mouais c'pas juste qu'elle t'ai choisi toi... c'est de la triche !".Bref, après avoir patienté un très gros quart d'heure, deux demoiselles nous étant passées devant, forcément, je me retrouvais face à MON banquier.Un jeune homme de taille moyenne, peut-être 25 ans, peut-être un peu plus mais peu, de petites lunettes sur le haut de son nez (les banquiers portent tous de petites lunettes), chemise claire rentrée dans pantalons noirs à pinces, cravate plus foncée que le haut, peut-être rouge, je ne me rapelle plus bien, chaussures de cuir cirées, cheveux châtain et grand sourire.Ma foi il n'était pas si mal Monsieur Conseiller.Mais quelque chose d'étrange ne tarda pas à se produire. "Céline Lajulie?""Ah non sa cousine, Julie Lajulie""Oh très bien je vois..." n'oubliez pas le grand sourire"Entrez je vous en prie, j'arrive dans une petite minute" Je crois qu'c'est génétique chez les banquiers, ils ne peuvent pas ne pas se faire désirer.Donc debout droite comme une pique dans le bureau du gars plutôt au dessus du seuil de "bogossité", je me demandais comment est-ce qu'il connaissait ma cousine et surtout pourquoi un "ha je vois" après que je me sois présentée.Ce qui me posait le plus soucis, c'était son regard, rien de vraiment spectaculaire, pas de feux d'artifices ni de papillons dans le ventre, rien de tout ça, il avait un regard... Hypnotique.Il ne te parlait qu'en te regardant dans le fond des yeux, mais très très profondément, tellement profond que tu as l'impression d'être nu, pas nu "à poil" mais nu psychologiquement.Je vais certainement passer pour une grande folle que je suis, mais ces gars-là , ceux qui ont le regard hypnotique, je... je... je sais pas en fait.C'est très particulier comme sensation, j'étais toujours debout et totalement hypnotisée, j'avais presque peur de son retour, mais il me manquait déjà .Je savais que je ne pourrais pas rester concentrée sous le poids de sa magie, pourtant j'en voulais !Encore encore encore encore !Voilà il rentrait, fermant la porte d'un geste sur, mais le visage tout rouge, puis il bafouilla un : "Excusez-moi pour la demoiselle qui vous a précédé... je... je pensais que c'était vous" voilà il ne me regardait plus."C'est pour cette raison que je me suis mise devant votre porte, de manière à ne pas laisser une dizaine de personnes me passer devant, j'aurais certainement été en colère""Je vous en prie" petit signe me disant de m'asseoir."Vous êtes donc la petite fille de Monsieur Lajulie""Exactement...""Comment va-t-il ?" Il pianotait sur son clavier, ne m'adressant pas un regard, mais rougissant de plus en plus."Mieux... Mieux ! Oui il va mieux.""Très bien... Et donc vous venez pour ?" il tourna son siège et PAF ! Mes yeux étaient emplis des siens, je décrochais, j'pouvais pas."Mon compte peut-être ?" méchante, ma timidité trop cachée prenait le dessus, je ne voulais pas être méchante... pardon."Oui voyons voir..." Il me débita un tas de blabla sur les comptes, les cartes, l'argent, les pourcentages, mais il le faisait en bafouillant, il n'était pas sur de lui, tout réservé.J'hochais la tête tantôt accrochant, tantôt décrochant mon regard du sien, ou le sien du mien je ne sais pas trop.Puis il y eu le moyen, celui où il me fixa sans dire un mot, pas un seul mot, il me regardait juste.Ca doit faire très série "feux de l'amour" mais je n'arrive pas à l'écrire différemment.J'ai coupé court, c'était certainement bien plus indécent que s'il m'avait déshabillé directement.Puis ***** !C'est mon nouveau banquier ! "Dites donc il fait frais ici"et là , mouvement de panique de sa part, il prit une télécommande super maladroitement et lança avec un charmant bégaiement:"Je.. je... je baisse tout de suite la climatisation""Oh non non non laissez ne vous dérangez pas""Voilà à à c'est fait, désolé j'aime bien les endroits frais""Oh...""Et que faites vous actuellement ?""Euuuh... rien ?""C'est-à -dire ?""Rien je crois""Aucun projet ?""Pas pour l'instant non...""Vous êtes en couple ?" Ma bouche s'est grande ouverte.Qu'il me demande si j'ai des projets, en tant que banquier, ça ne me choque pas, mais si je suis en couple...Je trouvais ça tout de même plus déplacé.Sous mon silence il enchaina : "Tenez voilà ma carte, vous avez mon numéro de téléphone et mon adresse mail en cas de soucis n'hésitez surtout pas""Merci je..." il la gardait en main, je tirais pourtant je vous assure "Je... je ... la met dans votre dossier""Oh d'accord..."il retourna sur son ordinateur, me lançant un :"Bon puisque c'est vous, vous réglerez 1 euro 50 par mois, au lieu de trois pendant un an, pour la carte""Oh merci c'est gentil""Je vous en prie" grand sourire et regard hypnotique de mise. Mais en avait-il le droit ?N'allait-il pas s'en prendre plein les dents par ma faute ?Rencontre terminée, je sortais du bureau en lui serrant la main dans un bref : "A la semaine prochaine alors""Oui à la semaine prochaine et bonne journée à vous Monsieur Conseiller"
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